DES AUTEURS E C il traite de la maniere dont on doit eftre pour erones. ? , du heu QÙ 1>on doit prier ; & du temps pro_ pre pour la priere. Il veut que celui qui va fe mettre en prieres, fe recueille & fe prepare afin d’avoir plus d’attention & de ferveur dans fes prieres, & qu’aprés avoir purifié fon efprit des peniees du monde , & danni de fon coeur les paffions & les àffeétions de la terre, ii fallere-flexion fur la grandeur de celui qu’il approche, qu’il chaflé de fon cestir totis les fentimens de baine & d’initnitié : qu’il éleve fes mains & fes yeux vers le ciel, quand rien ne les empéche, Car il permei aux malades de prier affis ou cou-cliez. Il remarque que la genuflexion eft ne-ceflàire, quand on demande pardon à Dieu de fes fàutes. Touchant le lieu de la priere, ildit que tout endroit eft propre pour prier ; mais que l’ufage veut que l’on choififfe pour faire fes prieres , le lieu le plus retiré de fa maifon, Se qu’on doit preferer le lieu deftiné aux affem-blées desFidéles, où les Anges font prefens , & où l’on reflent la vertu de J E s u s-C H R i s T , celle duSaintEfprit, & les fuffrages desmorts-Il veut qu’on fe tourne toùjours vers FOrient, foit que l’on foit dans fa chambre, foitqueì’on foit dans un lieu découvert. Enfin il diftingue quatte lieux communs de prieres , la Doxolo-gie, que Fon doit dire, dit-il, au commence-ment de FOraifon , en foiiant & en glorifiant le Pere par Jesus-Christ dans le Saint Efprit. Elle doit eftre fuivié d’aétions de graces. Il faut faire enfuite fa confeffion , ou Faccufation de fes pechez, à laquelle on doit ajoùter la demande des biensceleftes pour nous & pour nosamis. Enfin il faut achever fi priere en loiiant Dieu par le Fils dans le Saint Efprit. Voilà une grande partie de ce qui eft contenu dans ce Traité d’Origenes, qui fait affez connoiftre qu’il eft d’u-ne grande utilité. Il y a néanmoins un endroit qui peut faire beaucoup de peine à ceux qui le liront: car il y avance que la priere nedoits’a-dreffer qu’à Dieu le Pere, & non point ùJesus-Christ ; parce que le Fils de Dieu étant different du Pere, c’eft une abfurdité d’adreffer fes prieres à ce dernier. Certe expreffion eft tres-dure, & ilefttres-difficiledel’excufer: onpeut dire néanmoins qu’il veut qu’on adreffe fa priere au Pere feul, de peur qu’on ne femble recon-noiftre plufieurs Dieux; & que quandilditque Jesus-Christ eft uneEffence differente da Pere, il prend le terme d’eflénce pour la Perfonne. Et certes il reconnoift en plufieurs autres en-droits, ,& principalement dans lécinquiéme& dans le huitiéme livre contre Celie-, qu’on peut & qu’on doit adreflèr fes prieres àjEsùs-CiiRisT. Quoiqu’il en foit, on nepeutpasnierqu’iln’ait Teme I, C L E S I A S T I QU E S. avance en cet endroit plufieurs propofitions fa- Orijrfie^ vorables au fentiment des Ariens, aufquelles il eft difficile de donner un bon fens. Il ne me refteroit plus, pour achevertoutce qui regarde Origenes , que d’écrire les querel-les, & les difputes qui fe font élevées dansl’E-glife depuis fa mort fur le fujet de fa perfonne, & de fes écrits: mais cela ne concerne point le deffein que je me finis propoli: dans cet ouvra-ge ; ainli je ne croi pas me devoir engager dans cetteHiftoire, quid’ailleurseftdepeud’u-tilité. a Origenes.] Il n’y a point d’Auteur Ecclefiaftique , dont on ait la vie plus exactemeùt. Eufebe, qui eftoit fon grand admirateur, en a décrit la fuite, & lespar-ticularitez. C’eft de lui que nous avons tire' fans le citer, prefque tout ce que nous en avons rapporte'. Il faut yjoindreS.Jerome dansfon Catalogne, & dans plufieurs autres endroits. Ruffin contre faint Jerome, faint Epiphane dans L'Herefie 64. Photius au cahier 118. où il fait l’abregé del’Apologie de Pamphile, & ce que dit Origenes de lui méme, tome 6. in Mattb. & alibi. Nous nous fommes fervis auffi dufecours des nonveaux, & particulierement du celebre ouvrage de M. Huet intitulé Origenianà, de la vie de Tertullien,& d’Origenes écrite en Francois par une perfonne de merite : ce que nous difons tanè pour leur rendre juftice, qu’afin qu’on ne nousacculipasd’eftreplagi aire. b Nac/iiit en osdlexandrie vers l’an 13 5. T J. C.J S. Epiphane dit qu’il étoit Alexandrin. Eufebe dit qu’il avoit dix fept ans du temps de la perfecution de Severe 1 an 2.01. de J E s v s-C H R1 s T , & par confequeat il eft ne' en 185. c II avoit encore celuy d’^damance.] Photius croit qu’il a eu ce nom à caufe de la force de fes raifonné-mens. Saint Jerome ait qu il 1 a eu, pafcequ’ilrelì-ftoit aux erreurs, comme un diamant : mais c’eft de-viner. Il faut dire la méme chofe deceux quirecher-chent I etymologte du nom d Origenes,par une curio-fité fort inutile. d II ent pour Maiftre dans la Philofophie le celebre