ECCLESIASTI QJJ E S. f DES AUTEURS , na»z-B ge contre les Hcrefies. II eft difficile dejuger , fi ‘ ' le Livre contre Marcion cité par faint Irenée en deux endroits eftoit une partie de cet ouvrage, ou un corps d’ouvrage leparé, comme faint Jerome l’a crù. Quoiqu’ilenfoit, ilnenousrefte rien de cet ouvrage que deux paffages rappor-tez par faint Irenée. Nous avons encore entie-rement perdu deux Livres que S. Juftin avoit compofez contre les Gentils , dans le premier defquels , aprés avoir parie de plufieurs queftions agitées, tant parmi nous, que parmi les Philo-fophes Pa'iens, il traitoit de la nature des De-mons; l’autre eftoit intitulé tAsy^oj, & conte-noit la refutation des erreurs des Gentils. Quel-qu’un pourroit peut-eftre foupqonner, que ces deuxouvrages font ces Orailòns, qui font à la tefte des ouvrages de faint Juftin avantfes deux Apologies, mais o utre qu’elles ont des titres differens, il n’eft point traité dans aucune des deux de la nature des Demons. Il y avoit encore un ouvrage intitulé c’eft-à-dire, le Chantre, & un Livre de Recueils touchantl’ame, dans le-quel il rapportoit les feiitimens des Philofophes Paiens, promettant de dire le fien dans un autre ouvrage. Ce font là tous les ouvrages de faint Juftin, dontEufebe, faint J cròme, &Photius font mention; outre lelquels , dit Eufebe , il y a plufieurs autres de fes ouvrages ? qui font elitre les mains des Chrefiiens. Peut - eftre que l’E-pìtre à Diognet , & les deux Livres contre les Gentils font de ce nombre. Anaftafe Sinaite, & Glycas citent un comnientaire de faint Juftin fur l’ouvrage des fix jours : Methodius, Leon-tius , & faint Jean Damalcene un Livre de la Refurreétion de la chair 3 mais il y a bien de Tapparence, que ces ouvrages n’ontjatnaisefté de lui. Cet .Autewr, dit le fqavant Photius pariant de faint Juftin , efioit parfaitement habile dans la Philofophie Chrétieune, &• encore plus dans la Pro-fanei il avoit une erudii'ion confonanée , <& urie connoijfance parfaite de l Hifioire ; mais il rd a prie aucun finn d’orner la beante naturelle de la Philofophie des artifices de l'eloquente , c’efi pour-quoi, fon difeours , quoìque fort fiavaut , na point l’agre'ment , ni l’attrait d’un difipurs élo-quent. Ce Carattere paroit dans tous fes ouvrages , qui font extrémement pleins de citatiqns, & de paffages, de l’Ecritiire, & des Auteurs Profanes, fans beaucoup d’ordre, &fans aucun ornement. Ilavoitjoint à une parfaite con-noiffance de la Philofophie Paìenne une intelligence merveilleufedel’Ecriture, & des Prophe-ties, & une exacte connoiffance de nòtre Religioni en lotte qu’il n’y aprefquepas undesan-ciens , qui ait parie plus exaótementquelui de. 59 tous nos myfteres. Il eft vrai q ue fur la Trini té z il femble eftre different de nous, en fuivant les principes des Platoniciens , mais ceux quiexami-neront bien fa doétrine, & celle des anciens, ver-ront qu’ils conviennent avec nous dans le fonds,r & qu’ils ne font differens, que dans les manieres de s’exprimer. Il a écrit avec beaucoup d’autres anciens, que les ames attendront le jour du Juge-ment, pour eftre entierement heureufes, ou mal-heureuies/; maisenmémetemps, ilreconnoit qu’elles feronten attendant, punies, ou recom-penfées fuivantleurs merites. Il croitencore avec la plulpart des anciens, que les Juftes aprés la Re-furreéìion demeureront pendant mille ans dans la Ville dejerufalem, où ils joiiiront de tous les plaifirs permis u. Il femble avoir cru, que les a-mes des Impies mourront un jour x, quoi qu’en d’autres endroits^ il dife , que leurs fupplices fe-ront éternels. li a une opinion affez particuliere touchant les ames des Juftes qu’il dit avoir efté, avant la venne de J. C., fous la puiffancedu Demon, qui pouvoit les faire paroiftre quand bon lui fembloita. Il a écrit au rapport de faint Ire-née, aa que les Demons avoient rgnoré leur dam-nationjufqu’àlavenuèdejEsvs-CHRisTjilpafiè plus avant dans fon Apologie à l’Empereur, en difant que les Demons ne font pas encore préci-pitez dans les flames éternelles , fic. Il femble n’avoir pas defelperé du falut de ceux qui avoit bien vccu parmi les Gentils, n’ayant que la connoiffance de Dieu fans celle de J. C. bb. Voilà à peu prés tous les points, dans lefquels il s’eft éloigné des fentimens que nous avons à prefent. ! Les ouvrages de faint Juftin ont efté imprimer tous enfemble enGrec cc parRobert Eftienne l’an 1551. & en 1571. àl’exceptiondufecond traité • aux Gentils, & de l’Epìtre à Diognet ,qui furent ìmprrmez feparement par Elenri Eftienne l’an | 1592- & 1595. Cetre édition fut bien-toft fuivie | de l’édition Grecque-latine de Commelin, don-. née par les foinsdeFredericSilburgel’an. 1593-i Elle comprend tous lesouvrages de làint Juftin , divifez en trois parties. La premiere contiene I les ouvrages qui font contre les Gentils. La fe-! conde le Dialogue contre Tryphon. Et la troi-j liéme les ouvrages qui font pour l’inftruéiion des Chreftiens. Tout eft de la tradutftion de Lan-' gusj hormis lafeconde Oraifon contre les Gentils, & la Lettre à Diognet, qui fontdelaver-fion d’Henri Eftienne. On a mis à la fin de peti-tes Notes de Silburge, des Eftiennes, & d’autres perfonnesfqavantes. Morel a fuivi certe édition dans l’impreffion de faint Juftin , qu’ilafaite à Parisles années ióiy.& i6$6. eny joignantfeu-lemènt les opufcules d’Athenagore , de Theo-H 2 phile,