10 NOUVELLEBI 5, Cy- faintCyprien, & fi le fentiment de faint Augura». ftin, que l’Eglife a depuis embraffé, qu’il faut re- cevoir fans Baptème ceux, qui ont efté baptifez par les Heretiques au nomdelaTrinité, &re-baptifer ceux qui n’ont point efté baptifez par cette invocation : fi ce fentiment, dis-je, ne tient pas le milieu entre celili d’Eftienne, quifetnble avoir voulu e qu’on recùt teus ceux qui avoient été baptifez chez les Heretiques, fans les re-baptifer, de queique maniere qu’ils euffent été baptifez, à ^uacumijue htsrefi -, & celui de faint Cyprien, qui foùtenoit qu’il les faloit tous re-baptifer. Quei qu’il en foit, il eft certain què faint Cyprien n’a point changé de fentiment ; /'que lesEglilcs de Grece ont été encore long-temps aprés lui partagées 5 fur cette queftion : que le Concile d’Arles eft le premier qui J.’aitde-cidée dansl’Occident; h qu’il y a apparence que c’eft ce Concile que faint Auguftin appelle le Concile Plenier, i qui a décide cette queftion ; que faintAuguftin fuitfadecifion, & la prouve fort au long dans fes Livres contro lesDonati-ftes , que l’Eglife d’Occident a embraffé cette opinion, & que quoi que lesEglifesd’Orientk n’aient pas efté tout à fait d’accord avec elle en ce point, elles ont toutefois fait diftinttion entro les heretiques, pour les recevoir differemment. 11 feroit aifé de juftifier toutes ces chofes : mais ce n’eft pas ici le lieu de faire cette difeuffion, qui nous éloigneroit trop de noftre fujet : Voiez feu-lement ce que nous en avons remarqué ci aprés. Pour achever ce qui regarde la vie de faint Cyprien, il faudroit tranfcrire ici les an ciens actcs de fa paffion, & ce que fon Diacre Ponce nous en rapporte; mais comme la deferiptiondefon Martyre ne concernepointle fujet, & le deffein de cet ouvrage, il fuffit dedirequeverslecom-mencement de la perfecution de Valerien, l’an 257. le 30. d’Aouft il futreleguéàCurube Ville dittante de dix, ou douze lieuès de Carthage, par le commandement du Proconful Afpafius Paternus; qu’aprésy avoir demeuré onze mois, ilfut rappellé par le Proconful Galere Maxime, qui lui ordonna de demetirer dans des jardins qu’il avoit auprésdeCarthage; qu’aiantapprisquele Proconful avoit envoié des foldatspourlepren-dre, & pour i’amenerà Utique, il fe retira dans un lieu cache, afin de ne pas fouffrir le Martyre hors de fon Eglife, & autre part qu’en la pre-fence de fon peuple ; & qu’enfin étant revenu dans fes jardins aprés le retour du Proconful à Carthage, ilfutarrefté, & mene devant lui, & qu’aprés avoir confette genereufementlaFoide Jesus-Christ , il eut la tette tranchée dans un lieu appellò Sexti proche la ville de B L I O T H E QJJ E Carthage, le quatorziéme Septembre de Fan j f--; 238. fous le Confulat de Tufcus, & de Baf- ‘ fus. La premiere Lettre Z de faint Cyprien écrite à Donat, eft la relation d’un entretien qu’il avoit eu avec cet ami peti de temps aprés fon Baptème , dans lequel aprés avoir parlé des effets merveil-leux de ce Sacrement, il décrit élóquetnment les perils qu’on court dans le monde, les crimes, & les injufticesquis’y commettent, &faifantvoir l’excellence , & le bonheur de ceux qui fe con-facrent au fervice de Dieu, il exhorte fon ami à vivre dans la retraite, à renoncer au monde, & à ótre affidu à la lecture, & à la priere. Cette Lettre qu’on doit confiderer comme les premices des ouvrages de faint Cyprien, eft écrite d’un Itile fleuri, & plein d’ornemens, qui ne convien-nent point aux chofes qu’il écrit, comme faint Auguftin le remarque au livre de la Dottrine Chrétienne, ajoùtant que ce faint Martyr n’a pas fuivi cette maniere d’écrire dans fes autres Lettres : mais qu’il a embraffé une éloquence plus mafie, plus grave, &plus digne d’un Chrétien. Ces Lettres fe divifent par rapport à l’ordre des temps en cinqclaffes; ?»la premiere comprend celles qu’il a écrites dans fon premier exil. La feconde , celles qu’il a écrites fous le Pontificat des Papes Corneille, & Lucius. Latroifiéme, ceiles qu’il a écrites fous le Pontificat d’Eftienne.. La quatriéme, celles qu’il a écrites pendant fon dernierexil, vers la fin de fa vie*; &lacinquié-me, celles dont on ne fjait point le temps, qui font en tres-petit nombre. Mais outre cet ordre generai qu’il eft aifé de remarquer, ilfautobfer-ver la fuite de chacune de fes Lettres ; c’eft ce qui a été tenté par Pamelius, mais executé avec trespoli de fuccés. L’ordre qu’il avoit gardé à été reformé par le fqavant homme, qui a traduit les Lettres de faint Cyprien en noftre langue , dans la Preface qu’il a mife à la tette de fa Traduttion. Et enfin celui qui a don-né la nouvelle édition de faint Cyprien en An-gleterre , les a dilpoiees dans un nouvel ordre fuivant la fuite des temps. Nousprendronsde l’un & de l’autre ce que nous jugerons à pro-pos. La premiere Lettre de celles qui font écrites dans le premier exil de faintCyprien, eftappa-remment celle qui eftla quatriéme dans l’édition dePamelius, adrefleeàfon Clergé, c’eft-à-direà fes Prétres, & à fes Diacres dans laquelle ils les exhorte de s’acquiter en fon abfence de leurs fonc-tions, &desfiennes, en forte qu’il ne manque rien à l’ordre, & à la difcipline; illeurrecom-mande d’avoir foin des Chrètiens qui étoient en-prifon pour la Religion de J e s v s-C h r 1 s r ,