PREMIERE PARTI E. ? Ics Annales tout ce qui regarde l’Hiftoire del’Eglife, n’a pasmanqué d’c-crire la vie de la plùpart des Ecrivains Ecclefiaftiques, & defairemention de leurs ouvrages. Bellarmin a compofé un traité expres des Auteurs Ecclefiaftiques, qui ont écrit jufquesàl’année i yoo. danslequel, aprésavoir marqué fommairement leur profefllon, & le tems auquel ils ont vécu , il fait le Catalogue ,& la Critique de leurs ouvrages. Ce traité eft tres-re* commandablc par le grand nombre de chofes qu’il contient dans un petit volume) mais ccpendant il eft encore fort imparfait; & faCritique fur les ouvrages des Auteurs, n’eft pas toùjours exaéte. Poflèvin a fuppléé dans fon grand Apparat difpofé par ordre Alphabetique une partie de ce qui manquoit au Livre de Bellarmin. Un Italien Maitre du Sacre Palais a fait des cenfures, & des Notes fur quelques ouvrages, lefquellespeuvent n’é-tre-pas inutiles. Le Pere Halloix avoit commencé à écrire fort amplement fur les Auteprs Ecclefiaftiques 5 mais il n’a parlé que de tres-peu d’Auteurs des premiers fiecles. Aprés ceux-ci le Pere Labbe Jefuite a compole un Livre des Ecrivains Ecclefiaftiques , pour fervir comme de fiipplément à Bellarmin. Cet óuvrage eft encore fort imparfait : &ilditlui-méme, que ce n’eft qu’un extrait crune grande Bibliotheque Univerfelle de tous les Auteurs prophanes, & facrez, qu’il preparoit depuis long-tems. Mais foit qu’il ne l’ait pas achevée avant que de mourir, foit pour quelque au-tre raifon, elle n’a jamais vù le jour. Je ne dis rien de ceux qui ont fait depuis ce Pere des Critiques fur les Auteurs; parce qu’ils n’ont fait que copier les Critiques qui avoient écrit avant eUx, fans y rien ajoùter. Jene parie point non plus de ceux qui ont fait la Critique de quelques ouvrages particuliers, comme du Pere Sirmond, de M. deLaunoy, &duPereMo-rin, fur les Livres attribuez à S. Denis l’Areopagite; parce qu’il fera aflez tems d’en parler, quand je tratterai des Livres qu’ils auront critiquez; mais l’on ne doit pas obmettre les ouvrages que les Heretiques de nos tems ont compofez fur les Auteurs Ecclefiaftiques, parce que quoi qu’ils foient remplis d’erreurs, defaufiètez, & d’inveétives, & qu’ils aìent quelque-fois parie des Peres avec peu de refpeét, & rejetté fur de faufies conjcclu-resdes ouvrages quine leureftoientpasagreables, parcequ’ilsdécouvroient leurs erreurs; quoi qu’il foit vrai, dis-je, que prefque tous les traitez qu’ils ónt faits fur certe matiere, foient remplis de ces défauts, que tous les Catholiques doivent avoir en horreur; il faut avoiier toutefois, que pour ce qui regarde la Critique, ils ont efté quelquefoisplus clairvoìans queles Catholiques ; & qu’on y découvre des chofes , que ceux-ci ont efté obli-gez de reconnoitre, & d’approuver. Les Centuriateurs font les premiers parmi les Proteftans, qui aient travaillé ferieufement à faire la vie , & la Critique des Auteurs Ecclefiaftiques : & il faut avoiier que leur ouvrage n’a pas efté inutile aux Catholiques mémes. La Bibliotheque de Conrard Gefner, abregée par Jofias Simlerus, & par Frifius , & augmentée par a 3 quel-