nouvelle eibliothe q_u e Win.teurs profanes. La premiere des deux parties J de cet ouvrage eft perdete , mais il me fethble qu’il n’y a aucun lieu de douter, que le Traile qui porte prefentement le dire de la Monarchie, n’en foit la feconde partie : d’autant plus qu’il commence en cette maniere ; n Apre's m’eftre fa' vi de ratitorité divine , je me ferverai auffi de la voix des hommes, ce qui fait voir clairement, que ce qui nous refte eft la feconde partie de ì’ouvrage dont parie Eufebe. On peut encore attribuer à faint Juftin deux Oraifons, qui font à la tefte de fes ouvrages, dans lefquelles on exhorte les Gentils à embraffer la Religion Chreftienne , en montrant la folie, & la nouveauté de la Religion des Paiens , & la verite, & l’antiquité de la noftre. Ces deux difi. cours font affurement anciens, & quoi qu’Eu-febe n’en parie point , Se que leur Itile ièmble eftre un pendiftèrent de celui de faint Juftin, on peut pourtant les lui attribuer, fansluifaireaucun tort. On peut faire le mème jugementde l’Epìtre àDiognet, o qui eft auffi. d’un Auteut ancien, & qui vivoit en un temps, où les Chre- ■ ftiens eftoient encore perfecutei. Pourl’autre Lettre écrite à Zena , & à Serenus, elle n’eft nullement du ftile de faint Juftin, & condent quantité de preceptes , qui concernent plu-toft des Moines , que de fimples Chre-fiiens-.p’ Quant aux autres ouvrages qui portent le nom de faint Juftin, outre qu’ils ne font point citez par Eufebe, ni par aucundesanciens, ilyades preuves pofitives, qu’ils font fuppofez. Le premier eft un ouvrage purement philofophique, dont l’Auteur rapporteplufieurs paffagesdes Li-vres de Phyfique d’Ariffiote, qu’il refuteaffezfe-chement, & d’un itile bien different, non feu-lement de celui de faintjuftin.,-mais mème de celui de fon fiecle. A la fin de ce Tratte, ils’en trouve un autre écrit de la mème maniere , & apparemment compofé par le mème Auteur, qui contiene cinq queftions, qu’il appelle Chre-fliennes, quoi qu’elles fentent bien plus la fubti-lité d’un Philofophe, que la iimplieite d’un Chre-ftien. L’Auteur de ce Livre répond d’abord à ces queftions, comme feroit un Philofophe Pà'ien, & refute enfuite cette premiere réponfe en accommodant le Chriftianifme avec la Phi-lofophie ; cela eft fuivi de quelques axiomes Phi-lofophiques , & de plufieurs queftions, & réponfes touchant les chofes incorporelles, & la Refurreétion. Tous ces ouvrages font d’un mème itile, faits par un. mème Auteur, depuis la naiffance de l’Herefie des Manichéens, dont il parie plufieurs fois, laquelle n’aiant paruque plus de cent ans aprés la more de faint Juftin, il faut neceflairement dire, que cet ouvragen’eft $ point de ce Pere. L’ouvrage des réponfes aux demandes des or-thodoxes , qui contient cent quarante fix queftions affer, curieufes, eft beaucoup plus utile , & plus digne d’un Theologien, que les prece-dens, mais il ne peut pas ètre non plus de faint Juftin , quoi que Photius le lui attnbuè. Car outre que ces fcrtes de queftions, & de réponfes. ne font point du fiecle de faint Juftin ; (dansle-quel on ne s’amufoit point aux chofes qui n’e-ftoient que de curiolìté, comme font la plùpart de celles , qui font dans cet ouvrage, ). Orige-nes eft cité danslaqueftion.82. & 88. SaintIre-née dans la cent quinziéme , les Manichéens dans la cent vingt-ièptiénje : L’Auteur y parie des Myfteres de laTrinité, & de l’Incarnation. dans des termes, &avecdesprécautions, dont on ne s’eft fervi qu’aprés la naiffance des Here-fies. L’on y trouve les termes d’hypoftafe, de-perfonne , de confubftantiel aux queftions 16. 5.7.139. 144. dans lefens que l’Eglifeleur a donne au cinquiéme , & fixiéme fiecle. L’on y lit dans la queftion 126. que du temps que ce Livre étoit écrit le Chriftianifme n’étoit plus fous la domination du Paganifine , ce qui montre évidemment, que l’Auteur de ces queftions eft bien plus recent que faint Juftin. Pour ne point parler de ce qu’il y a dans cet Auteur de different de la doétrine de faint J uftin : par exem-ple dans la queftion cinquante-deuxiéme il nic, que la Pythoniffe ait fait revenir l’ame de Samuel, ce quefaintJuftinavancedansfonDialo-gue contre Tryphon ; dans la queftion 112. il dit que c’eft un Angecréé, quiaparléàMo'ife, &. àJacob, ce qui eft formellement contraile à la doiftrinedefaintJuftin, &desanciens, quiont crù que c’étoit le Verbe mème. Quelques-uns attribuent ces queftions à Theodoret, tant à cau-fe de la conformité du itile, qu’à caufe de cer-tains termes,, dont cet Auteur fé fert, quiferen-contrent auffi fort fouvent dans Theodoret. Quoi qu’il en foit, cet ouvrageeftd’un Auteur qui vivoit verste cinquiéme, oulefixiémefiecle de l’Eglife. Enfin l’expofition de- Foi attribuée à faine Juftin, citée par Leontius, & par Euthymius Zigabenus,rejette trop clairement les erreurs desAriens, desNeftoriens, & des Eutychiens, pour ètre du temps, & du fiecle de faint Ju-ttin. Il feroit à fouhaiter, qu’àu lieu de ces ouvrages, qu’on attribuè fauffement à faint Juftin, nous euffions ceux qui eftoient veritablement de lui, dont il ne nous refte queles Titres. Il avoit écrit comme il le dit lui mème jun ouvra-ge