des a u t e u r s ecclesiasti q_u e s. Orieenes. d’allegories que de morale. Celles qu’il a compo-' ® ' fées fur les Pfeaumesfont plus morales, ilyparle de l’humilité,de la priere,de la patience,de la dou-ceur, de la profperité des méchans, de la peniteli-ce, de la fainteté qu’on doitavoir pour commu-nier dignement, du choix d’un Direéteur. Ses au-tres Homelies font meflées de morale, & d’al-legories : Ses grands Commentaires font plus pleins d’érudition. Il y traite plufieurs queftions d’une maniere tres-fqavante, & y fait des remar-ques tres judicieufes. Il donne des explications de l’Ecriture Sainte, qui font tres-belles, & tres-fpirituelles : mais il s’éloigne trop de la lettre, pour chercher des fens allegoriques, & il s’amu-fe à expliquertrop fcrupuleufement tous les mots de l’Ecriture, pour y donner un fens myftique. Il eft grand ennemi de tous les Heretiques, il les attaque toutes les fois qu’il traite de quelque ma-tiere qui a quelque rapport à leurs erreurs. Il n’en laiffe échaper aucun, tantoft il écrit contre Simon, contre Bafilides, contre Carpocrates, contre Valentin , contre Marcion, & contre Montan : tantoft il attaque les Ebionites, les Helcefaites,' les Encratites, lesOphites, &les Sabelliens. a Il n’areconnu pour Livres Cano-niques de l’Ancien Teftament, que ceux qui eftoient dans le Canon desHebreuxaunombre de vingt-deux, b II met le Livre d’Eftherdece nombre, & joint le Livre de Ruth avec le Livre des Juges, & Baruch avec celui de Jeremie. Pour les Livres des Maccabées, de Judith, de Tobie, de l’Ecclefiaftique, & de la Sageffe , Il les loiie comme de bons Livres utiles aux Catechu-menes, mais qui fonthors du Canondes Livres de l’Ecriture Sainte. c II les appelle toutefois des Livres divins en quelques endroits. Il citela Sageffe fous le nom de l’Ecriture. Il cite aulii les Livres des Maccabées, & le Livre de l’Ec-clefiaftique, qu’i'l dit eftre parmi les Livres de Salomon. Nous avong déja remarqué le fen-timent, qu’il a eu touchant l’hiftoire de Suiànne. Il rejoit comme des Livres Cattoniques du Nou-veau Teftament, les quatteEvangiles,. les qua- li InGenef. apudEufebium. b Homil.17,111 Numeros. & 15 . in Jofué. In Erag. in Ep.ad Hebr. in Apolog. Pamphil. iib. 3. cont.Celf. Homil. in Exqd. 8. Lib. z. per. & Homi!.3.ili Cantic. in Matth. & Hom. 18. inNum. <■ Il la cite toutefois fous le nom de faine Paul Hom . S.inExod. 7. in Levit, in Jerem. Hom. 1. Iib. i.per. Lib. 2. inMatth.c. 13. Aprici Eufeb. Iib. tf..c.Z5.1ib.z. per. c. 5. & lib. 1. per. in Matth. c.13. Homil. in jefum 3. & fo. in capti 8. Matth. Homil. injer. 14. inEzech. in Lue.'Homil. 8. in Exod. Homil. io. in Jofue lib. 1. per. lib. 1. lib. in Lue. Homil. 35. Lue. 3. per .. forze Epìtres de faint Paul; il ditcependantde celle aux Hebreux, que les penfées de tette Epì-tre font de faint Paul : mais qu’elle a efté cotn-pofée par quelque autre, & qu’il n’y a que Dica qui fqache qui en eft l’Auteur, quoi que quelques-uns l’attribuent à faint Clement, d’autresà faint Lue. Il dit qu’il n’y a qu’une Epltre de faint Pierre, qui foit receué de tout le monde, mais qu’on peut accorder que la feconde eft auffi de lui. Il dit la mefme chofe des deux dernieres Epìtres de faintjean. Il cite les Epìtres de faint Jude, & de faint Jaques dans fon Commentane fur l’Epìtre aux Romains. Il cite auffi l’Apoca-lypfe, & l’attribué à faintjean. Outreces Livres, il en cite fouvent d’Apocryphes, comme les Evangiles felon les Egyptiens, & felon les Hebreux; le Livre d’Hermas, l’Epìtre de faint Barnabé, le Livre d’Enoch, & mefme des Livres Heretiques, comme l’Apocalypfe de faint Paul, un Livre des douze Apótres, la dodirine de faint Pierre ,Ies Aétes de faint Paul, l’Hiftoii e d’Ifaie, & quelques autres. Origenes avoit l’elprit penetrant, & fubtil, l’i-magination tres-forte, & tres-étenduè : mais il s’abandonnoit trop à la vivacité de fon genie, & fe perdoit fouvent à force d’approfondir, &de fubtilifer les chofes. Il avoit beaucoup de facilitò à inventer les chofes, & encore plus àénóncer ce qu’il avoit in venté : mais il n’avoit pas toute la jufteflè poffible dans fes inventions, nitoutela beauté qu’on pourroit fouhaiter dans le débit. Il travailloit avec une felle précipitation, qu’il dio toit à fept, ou huit perfonnes à la fois , & ili avoit tant de facilitò à parler, qu’il faifoit la pluf-part de fesHomeliesfuriechamp. C’eft pour-quoi fon itile eftoit peu chatié, &peufilivi; il avoit une memoire tres-vafte, mais fouvent il s’y fioit trop. Il eftoit d’une érudition tres-profonde. Il avoit fait une étudeparticulieredelaPhilofo-phie de Platon, qu’il fijavoit en perfeétion, & à laquelle il eftoit trop attaché pour un Chreftietr. Il fqavoit aulii les maximes des autres Philofo-phes. Il avoit etudié les belles Lettres avec beaucoup d’application. Il n’ignoroit, ni l’Hiftoire',. ni la Fable, enfia il avoit autant de connoiffiance, de toutes les fciences profanes, que ceux qui n’a--voient point fait d’autre étude pendant tonte’ leur vie. Mais il excciloitdanslaIciencedel’Ecriture Sainte , à l’étude de laquelle il s’eftoic donne tout elider. Il l’avoit apprife tonte par coetir, & pour ne rien negliger qui puft fervir à l’inteliigence de la lettre il avoit recherché avec foini toutes les verfions de la Bible, qui eftoient de fon temps, & les avoit ccmparées toutes en-! femble avec le texteHebreu, y alant ajoflté un i Commentaire littera! fur les endroits difficiles.