NOUVELLE BIBLIOTHE QJJ E X. Cie- ■meni d’^lex-andtié. 85 dont Eufebe , & Photius nous font entendre, que l’ouvrage de faint Clement étoit compofé, & il paroìt que c’eft le méme deffein. Il y a encore un autre fragmen t confiderable de Saint Clement tire de fon livre, Qui eli le Riche qui fera fauvé, rapporté par Eufebe au livre troi-fiéme chap. 23. où il raconte urie fameufe Hiftoi-re defaintjean. IlditquecétApòtreeftant venu à une ville d’Afie, recommanda à l’Evéque un jeune homme qui lui paroiffoitavoirdel’efprit; Que cét Evèque en prit foin d’abord, & qu’aprés l’avoir inftruit, il lui donna le Baptéme ; mais qu’aiant enfuite negligé d’en prendre le méme foin, ce jeune homme le débaucha, & devint chef devoleurs. QuefaintJean étantrevenuquelques années aprés vifiter cette Eglife, demanda à cet Evèque le dépoft qu’il lui avoit confié, & lui fi t entendre, qu’il lui demandoitcejeunehomme. Que l’Evéque lui aiant appris qu’il s’eftoit perdu, & qu’il eftoit devenu chef de voleurs, ce S. Apó-tre extrémement touché de ce malheur monta à chevai, fe fit prendre par ces voleurs, & condurre à leur Chef, qui l’aiant reconnu s’en fuit auffi-tót, mais que faint Jean aiant couru aprés , lui fit re-connoiftre fa faute, lui promit delui en obtenir le pardon de Jesus-Christ , &le ramenaaveclui, & qu’aiant fait une partie de fa Pénitence, il ne le quitta point qu’il ne fuft remis dans l’Eglife. Nous avons àpréfent ce Livre entier dans.le der-nier volume du fupplément de la Bibliothéque des Péres, dont la verfion avoit efté donnée par Giflenius, & le Grec par Cariophile ; c’eft un excellent Traité dans lequel faint Clement expli-que les paroles de J E s u s-C H R1 s T au jeune Riche rapportées par faint Marc chap. io. &fait voir que pour eftre fauvé, il n’eft pas. neceffaire abfolument de quitter fes biens, & fcs richeifes, pourvù qu’on en faffe un bon ufage. A l’occafion de cette queftion , il traile de la charité envers Dieu, & envers le prochain, & de la Pénitence. Il dit quelque chofe enpaffant de l’ùtilité qu’il y a d’avoir un Directcur , qui nous reprenne fé-vérement de nos défauts, & qui nous donne des remédes pour les corriger. C’eft pour prouver le pouvoir de la Pénitence, qu’il rapporté l’hif-toire defaintjean. L’on trouve fous.lenomde faint Clement dans la Bibliothéque des Peres des explications fur quelques endroits de l’Ancien Teftament, & des Commentaires furles Epitres Canoniques. Si ces fragmens. font defaintCle-ment, il faut qu’ils foient tirezdefesLivresdes Inftitutions, ce qui a quelque apparence, parce qu’ils ont beaucoup de rapporta ce que dit Photius des Inftitutions, & qu’ils font dugéniede faint Clement. L’on ne peut douter que faint Clement n’ait e.u une érudition confommée. SaintJeròme nefaiÈ £ point de difficulté d’affùrerqu’il n’y a eu perfon- mmt ‘ ne qui ait eu tant de fcience que ce Pére, &il eft vrai que de tous les anciens, il n’y en a point xandule.. dont les Livres foient remplis de tant d’érudition profane : i il en fait méme trop paroiftre pomi un Ecrivain Chreftien,& l’on peut dire qu’il étoit. bien plus Philofophe que Théologien, quoi qu’il n’ignoràt pas nótre Religion, & qu’il ffùt par-faitementbien l’Ecriture-Sainte. Mais il eft beaucoup plus fort fur la morale quefurledogme, &. il explique prefque tous les paffages qu’il cite d’u-ne manière allegorique à l’imitation de Philon Juif. Il écrit prefque toùjours fans ordre, &ùns fuite. Son ftile eft fort négligé, ce qui fe remar-que particuliérement dans fes Stròmates. Car-dans fon exhortation aux Gentils,& dans fon Pé-dagogue fon difcours eftplus fleuri, comme Photius l’a obfervé, & il eft méme foutenu d’une certame gravite qui n’eft pas fans agrément. Les Oeuvres de faint Clement ont efté impri-tnées enGrec à Florence l’an 1550. par le foin de Petrus Viétorius chez Torrenfis. Elles ont. efté traduites par Gentien Hervet dont la traduc-tion a efté impritnée à Florence par le inétrio. l’année 1551. à Paris en 1566. 1572. 1590. 159-2. &en 1612. ABàle en 1555. &avecfaint. Irenéeen iydo.&cn iydi.àAmfterdamen 1613. Silburge a enfuite travaillé fur cet Auteur, & aiant ramafle les remarques, & les correéfions-ds: plufieurs perfon nes fqavantes l’a fait imprimer eri Grec par Commelin l’an 1592. in fol. Il a efte donne enfuite en Grec & en Latin par Heinfius quien a reveulaverfion, yaajoutédenouvellea remarques, & l’a fait imprimer en Grec chez le mémeCommelinl’an 1616. Cetteédition a été fuivie de celles de Paris de l’an 1611. & de celle de 1629. qui eft la plus belle de toutes. Celle do 164.1. eft moins correcte, & moins belle. a S. Clement.} ,11 s’appelloitTitus Flavius'ClemenS-Saint Epiphane dans l’Hérefie des Secundiens, dit que quelques-uns l’appelloient Athenien, & d’autres Alexandria , ce qui a fait croire communément qu’il e'toit d’Athenes , & qu’il avoit pris le nona d’Alexan, drin du nom de l’Eglife, dont il eftoit Prette, mais on ne fcait pas certainenient de quel pais il eftoit. Il avoit elle' de la Sedie de Stoìciens. b Dijciple de BanUnus. ] S. Clement eut plufieurs Maitres, comme il le rapporté lui-méme. Lib. 1. Stro-mat. pag. 174. il dit qu’il en avoit eu deux dans la Grece , l’un qui eftoit de Celeiyrie, & l’autre d’Egypte. Et deux autres en ©rient, dont l’un e'toit Aflyrién,l’au* tre étoit de Paleftine, & defcendoit des Hebreux : mais qu’enfin il en avoit découvert un dans l’Egypte, qui eftoit plus excellent que tous les autres. Ce derider eft Pantatnus qu’il nomine fouYeiit dans l’ouvrage des in-ftitu-