QÙgenes 144 NOUVELLE BIBLIOTHE QJJ E mande. Il remarque que cette priere eft ordi-nairement jointe à la Doxologie , c’eft-à-dire, à la loiiange du faint Nom de Dieu ; La troifié-ne ktoU , eft une priere qui fe fait par une perforine , qui a une grande confiance d’obte-nir ce qu’il demande, eftant bien auprés de Dieu. La derniere eft l’aétion de graces, ou le remer-ciment des bienfaits que l’on arecùs, Il apporre des exemples tirez de l’Ecriturefainte de chaque priere. Cette premiere partie du traité de la priere eft fuivie de l’explication de l’Oraifon Dominicale. Il fait deux remarques fur ces premieres pa-roles: Nò tre Pere. La premiere , qu’il n’y a que dans le nouveau Teftament ■> où l’on donne à Dieu avec confiance la quali-té de noftre Pere. La feconde , que pour dire ces paroles comme il faut, l’on doit eftre du nombre des veritables enfans de Dieu, c’eft-à-dire, exempt de peché , & en état de grace. Il dit fur ces paroles : Q_u 1 estes dans Les Cieux, qu’il ne faut pas les entendre groffierement, comme fi Dieu étoitdanslcciel d’une maniere corporelle. Sur celles-ci : Qu E vote e Nom soit sanctifie', que ce n’eft pas que Dieu ne foit faint en lui-méme, mais que nous fouhai-tons que les hommes reconnoiffent cette fainte-té dans fa conduite. Il remarque que cette formule & les fuivantes font à l’impcratif ; mais qu’il fe prend pour l’optatif. Il prend delàoc-cafion de refuter Tatien, qui a-voit avancé que ces paroles de Dieu dans laGenefe : f/ue la lu- I iniere foit fatte , n’eftoient pas un commande-1 ment exprés , mais un fimple fouhait- Par ces 'autres paroles: Que vòtre regne arrive, le fidéle prieleSeigneur, que le Regne de J e-s u s-C H R1 s T, qui eft en lui, fe perfeftionne & s’acheve en attendant le jour du Jugement. Par celles-ci : Que vòtre volonté' soit FAiTE, ondemandeàDieu que leshommesac-compliffentfur la terre la volonté de Dieu, comme elle s’accomplit dansleciel, ou bien que les méchans figurez par la terre , accomplifftnt la volonté de Dieu ainfi que les Juftes. Origenes ne veut pas qu’onentende les paroles fuivantes: Donnez-nous aujourd’hui nòtre. pain jsupersubstantiel, dupain corporei. Il les entenddeladocftrinede Jesus-Christ, quieft noftre pain & noftre nourriture. Il remarque que le mot , fuperfubftantiel ne fe ren- contre dans aucun Auteur, & qu’il eft particu-lier aux Evangeliftes. Pour l’expliquer , il dit que comme le pain corporei fechangeen noftre fubftance, de mème le pain de la parole de Dieu Qr;^,„es; communique fa force & fa nature à noftre ame. Par le pain quotidien il entend l’éternité. Sur ces paroles : Et remettez-nous nos det-TES , COMME NOUS LES'REMETTONS A CEUX qtji nous ont offensez , il explique les de-voirs des hommes. Il dit qu’ils fe doivent à eux-mémes le bien de leurs ames, qu’ils doivent beau-coup à leurs Anges Gardiens; mais qu’ils font redevables par deffus toutes chofgs à Jesus-Christ, & au Saint Elprit. Que chaque con-dition, chaque état a fesdevoirs. Autre, dit-il, efi le devoir ctlune f emme -, autre eft le devoir dlune. veuve , autre efi celai di un Diacre , autre efi celai d'un Prefire , autre efi celai d’un Evefaue , doni la charge efi bìm grande , & qu’il en rendra un conte exadi a Dieu , qui le punirà rigoureu-fement -, s’il ne s’efi bien acquitté de fes fondtions. Il ajoùte, que comme nous devons aux autres, les autres nous doivent aulii , & que fi nous nous fouvenons des devoirs aufquels nous avons manqué envers les autres , nous pardonnerons à ceux qui y manquent envers nous , comme Dieu nous pardonne les fautes que nous commettons contre lui. QuelesPreftresremet-tent au nom dè Jesus-Christ les pechez des hommes , mais qu’imitant les Sacrificateurs de l’ancienne Loi, ils doivent apprendre du Saint Efprit qui font ceux pour qui ils doivent offrir des hofties , quand & de quelle maniere ils le doivent faire. C’eft pourquoi il blàme ceux qui ne fcachant pas ce qui excede leur pouvoir, fe vantent de pouvoir donner le pardon de ridola-trie -, ir de remettre l'adultere ir la fornicati™. Ce qui fait voir qu’en ce temps on refufoit encore la paix aux Idolatre, dans quelques Eglifes. Sur ces paroles : Et ne nous laissez pas suc-comber a la TENTAT10N. Origenes dit qu’il eft impoffible depafferfaviefanstentations, & il le prouve en faifant le dénombrement decel-les, aufquelles on eft expofé dans tous ies états, & en tout temps, d’où il conclud que nous ne devons pas demander de n’eftre pas tentez, mais de ne point fuccomber à la tentation. Il remarque que Dieu nous y laiffe fuccomber enpu-nition de nos fautes. Il debite ici fon imagi-nation des ames toùjours libres envoyées en ce monde en punition des fautes commifes dans une autre vie- Il parie enfuite de l’utilité des tentations, pour exercer & éprouver la vertu. Enfin fur ces paroles : Mais delivrez nous du mal. Il dit que Dieu ne nous delivre pas de toutes les affliétions de cette vie, mais qu’il nous les fait fupporter patiem-merit. Aprés avoir expliqué l’Oraifon Dominicale , il