SUR LA B I B L E , Liv. T. Chàp. T. G * auquel on a donné le nom de î appelle apocryphes b, qui ne font point On leur oppofe les Livres, qu’on reconnus pour des Livres divins, ou qui * font fàcreï J Canon a. a Auquel on a donné le nom de Canon, ] Ce mot G-gnifie non feulement une Loi, une Réglé, mais aufli une Table, un Catalogue, une Lifte 8c fe prend en ce fens dans les Auteurs profanes & dans le Corps du droit. Quelques-uns ont crû que les Livres Canoniques étoient ainfi appeliez , parce qu’ils font la Réglé de la Foi ; mais quoi que cela foit vrai , ce n’eft pas ce qui leur a fait donner le nom de Canoniques , qu’ils n’ont que parce que l’on a nommé Canon le Catalogue des Livres ûcrez, comme le Catalogue des Clercs eft appelle Canon dans le Concile de Laodicée Ch. 24. aufli bien que celui des Evêques 8c des Fidèles défunts par les Ecrivains Ecclefiaftiques. Quoi que ce nom foit Grec, il eft plus en ufage chez les Latins que chez les Grecs qui emploient fouventceux de Kos-S. Jerôme eft un des premiers qui fe foit fervi abfolument du terme de Canon pour marquer le Catalogue des Livres facrez. Dans le Prologue general.- Sapientia qua vulgo^Salomonisinfcribitur & Je fa Filii Sir a ch Liber, & Judith, & Tobias <& Pa-ftor non fant in Canone , 1. contr. Jov. Nunc nobis de Canone omne certamen eft. Ep. 2§. à Luc. Canonem Hebradez veritatis dedi feribendum. Ruffin dans l’Ex-pofition du Symbole , après avoir rapporté le Catalogue des Livres facrez. Hzc fant qua Patres intra Canonem conclu feruni .... fciendum tamen quod fant alii Libri qui non fant Canonici, S. Aug. 1. 2. contr.» Cre-fconius. ch. 3 ;. C’eft par une vigilance falutâire que ron a établi le Canon E cclef zftique qui contient les Libres des Prophètes & des Apôtres dont nous tfofensjuger & félon lefqùels nous jugeons de tous , les autres ’Ecrits des Fidèles ¿p dés Infidèles. Dans le Livre 2 de la Doctrine Chrétienne. Tout le Canon de l’Ecriture contientlés Livres faivdns. Le nom ordinaire dont on fe fert pour diftinguer les Livres facrez d’avec les autres, eft celui de Livres Canoniques , ¿’Ecriture Canonique. Les Grecs s’en font fervis en ce fens, & les appellent , xucavovirfafiot. ii&da : & dans le Concile de Laodicée'^ww^: Ils Les appellent suffi 3 in- térieurs , c’éft- à-dire, qui font dans le Canon, pour les diftinguer de ceux qui font , c’eft- à-dire , hors le Canon , qui font aufli- nommez dans le Concile de Laodicée^^yowçs« non Canoniques; b^u’on appelle apocryphes.’] L’étymologie de ce mot eft certaine ; il eft dérivé du- verbe Grec ^mc^Ttiv, qui fignifie cacher. Les Livres des Phéniciens font appeliez dans ■ Suidas & dans Euftat'h'e , des Livres apocryphes',• ç’éft-à-dire , fecrets 8c myfterieux. On ne fçait pas bien pourquoi l’on appelle ainfi les Livres qui font hors du Canon, & que quelques-uns confide-rent comme des Livres facrez. Saint Auguftin, livre if. de la Cité de Dieu , dit qu’ils font ainfi appeliez, parce que leur origine n’a pas été connue aux Peres par les mains defquels l’autorité des Ecritures véritables eft parvenue jufqu’à nous par une fucceflion ftrés-claire .& tres-certaine. Si faint Auguftin a voulu par- # 1er du nom de l’Auteur, cela n’eft pas toujours vrai, puifque l’on connoît les Auteurs de quelques Livres apocryphes: mais s’il parle de leur autorité, cefepeut être vrai; puifque l’autorité des Livres apocryphes n’a point été reconnue par les Anciens,- au lieu que l’ancienne Tradition établit celle des Livres Canoniques. C’eft aufli de cette maniéré que faint Auguftin s’explique, quoiqu’on trouve, dit-il, dans ces Livres apocryphes quelques vérités, toutefois ils n’ont point d’autorité, à caufe de quantité de faujfètez. qu’ils contiennent. Et enfuite, ils ne font point dans le Canon îles Ecritures qui étoit confervé dans le Temple du Peuple Hebreu part la diligence des Prêtres qui fe faceedolent les uns aux autres parce qu’on lés a cru faffiefâs -, & que l’on ne feàvoit pat s’ils étoient de ceux dont ils portent le nom , n’étant pas produits par des perfonnes dont on fut affûré qu’ils les avaient confervez. en fe fuccedant les uns aux autres -, ce qui fait croire qu’ils ne font pas de ceux'dont ils portent le nom , comme les Heretiques produifient’ plufieurs Ouvrages feus le nom des Prophètes & des Apôtres que l’on a diftingue'Zi des Livres qui ont l’autorité Canonique parle nom d’Apocryphes. Ainfi , félon faint Auguftin , un Livre eft apocryphe , parce qu’il n’a point d’autorité appuïée fur un témoignage clair, digne de foi. Saint Jerôme dans l’Ep. j. a Lata t dit que les Livres apocryphes ne font point de ceux dont les noms font dans les Titres; 8c qu’ils contiennent plufieurs faufle-tez dangereufes. En d’autres endroits il femble restreindre le nom d’apocryphe aux Livres des Hérétiques; & c’éft en ce fens que le Pape‘JGéIafe le prend dans fon Decret. D’autres prétendent que les Livres apocryphes font ainfi appeliez, parce qu’ils étoient cachez; qu’ils ne fe lifoient pas ordinairement 8c publiquement. Origenes prend en ce fens les Livres apocryphes , quand il les oppofe aux Livres communs 8c publics dans le Tome I. fur faint Matt. c. 15. & dans fa Lettre à Africanus touchant l’Hîftoire de Sufanne. L’Auteur de la Synopfe attribuée à ïàint Athanàie, dit que les Livres apocryphes font ainfi nommez , parce qu’ils méritent -plutôt d’être cachez que d’être lus. Saint Epiphane femble avoir un fentiment aflez particulier fur l'origine dé ce nom , quand' il dit dans de Traité des Poids & des Mefures , que le Livre de la Sagefle & l’Ecclefiaftique ne font point dans le rang des Livres facrez, 'parce qu’ils ont été mis dans l’Aron, c’eft-a-diré' dans-1’Arche du Tèftamènt. Ce qu’il femble expliquer dans l’herefie des Ebionites, oùilremar-que que l’Evangile de faint Jean traduit en Hebreu étoit renfermé dans les Armoires des Juifs avec les Livres apocryphes: ce.qui fait entendre que pari’Arche où il dit qu’étoient lès Livres apocryphes, il n’apoint entendu J3 Arche facrée , mais des Armoires communes. Les Livres apocryphes n’étoient point dans l’Arche. Quelques-uns prétendent que les Livres facrez y étoient & le prouvent par le 24. Verf. du Ch. 3 ï. du Deute-roiiofrie. Neanmoins Moïfe ne commande pas en cet A z endroit