SUR LA BIBL Corinthe ? depuis que faint Paul en étoit forti. ïi y avoir plufieurs Partifans auffi bien que faint Paul. Ce qui faifoit que les uns difoient : Pour moi je fuis à Paul, les autres , & moi je fuis à Apollon: & des troifiémes, moi je fuis àCephas. Saint Paul les reprend de cette affectation, & leur apprend qu’il ne faut point dire , Je fuis à celui-ci ou à celui là ; mais je fuis à Jésus-Christ; que des Miniftres ne fe doivent point glorifier, ni attribuer à leur éloquence ou à leur fçavoir la converlîon des peuples. Il fait voir que Dieu n’a pas converti le monde par cette fageffe humaine, mais par la Prédication de la folie de la Croix. Il les reprend de ce qu’ils retenoient parmi eux un Inceftueux, & de ce qu’ils plaidoient les uns contre les autres. Il leur fait réponfe aux queftions qu’ils lui avoient faites fur le mariage , fur le célibat, & fur les viandes immolées aux Idoles. Il parle en-fuite de fon defintereffèment dans le miniftere, de l’union des Chrétiens en un feul Corps; de la derniere Cene de Nôtre Seigneur, & de la dilpofition où l’on doit être pour manger la Cene de Jésus-Christ, des voiles que les femmes doivent porter ; des differens dons du Saint-Efprit, de l’excellence de la Charité; du don des Langues, &de la Prière en une Langue que l’on entend; de la vérité de l’Evangile de Jesus-ChrisT & de la Refurrec-tion. Il leur recommande enfin de préparer des aumônes , & leur promet de les aller trouver bien-tôt. Quelques Auteurs ont conclu d’un Paffage de cette Epître, chap. f.f. io. &n. que faint Paul avoit écrit aux Corinthiens une Lettre qui avoit précédé celle-ci : parce que dans l’endroit que nous venons de citer, il leur dit : Je vous ai écrit dans ma Lettre de ne vous point mêler avec les 'Fornicateurs)&c. Mais, comme remarque faint Chryfoftome , la Lettre dont il parle en cet endroit, eft celle-là même qu’il écrivoit; & le fens eft, Quand je vous viens d’écrire dans cette Lettre de nevouspoint mêler aveclesFornicateurs, je ne l’entens pas des Fornicateurs qui font parmi les Gentils, mais de ceux qui font du nombre de vos Freres; c’eft à dire Chrétiens : car la défenfe d’avoir du commerce avec les Fornicateurs, dont il eft parlé en cet endroit , eft dans le commencement de ce Chapitre même. Saint Paul avant que d’écrire fa première Lettre aux Corinthiens, avoit envoie Timothée en Macedoine, Act. 19. $. 22. & il le recommande aux Corinthiens en cas qu’il aille chez eux. ï. Cor. 16. ÿ. 11. Il étoit venu rejoindre faint Paul, quand cet Apôtre écrivit fa fécondé Lettre aux Corinthiens ; elle eft au nom des deux. Il étoit alors en Macedoine, car il s’eXcufe dans le Part. II. E, Liv. II. Chap. IL commencement de cette Lettre J de cé qu’il eft venu en Macedoine avant que d’aller à Corinthe, &il dit, qu’étant venu àlroade pour y prêcher l’Evangile, il avoit été inquiet de n’y avoir point trouvé Tite qu’ilavoit envoie à Corinthe ; & qu’il étoit paffé de là en Macedoine, où il ajoute qu’il avoit été confolé, par l’arrivée de Tite qui lui avoit apporté des nouvelles de Corinthe, & lui avoit témoigné le defir qu’ils avoient de le revoir. Il avoit fçû par lui que quelques-uns des Chrétiens de Corinthe fe plaignoient de ce qu’il n’é-toit pas venu les voir, comme il leur avoit promis; qu’ils avoient chaffé l’Inceftueux, & qu’ils étaient dans la refolution de contribuer aux aumônes pour les Fidèles deJerufalem. Saint Paul aïant appris ces chofes, crût qu’il devoit leur écrire une fécondé Lettre, par laquelle il s'excufe de ce qu’il n’alloit point droit à Corinthe , de peur de leur caufer de la trifteffe. Il loue le zele qu’ils avoient fait paroître en réparant l’Incef-tueux, &leur permet de le réconcilier: il juftifie fa conduite dans le miniftere de l’Evangile, & parle de la dignité , des obligations, des vertus & des perfecutions des Miniftres de l’Evangile. Il les exhorte par l’exemple de ceux de Macedoin e, à donner libéralement 6c avec joie. Il déclame contre les faux Apôtres qui féduifoient les Corinthiens & les éloignoient de lui. Il eft obligé pour fa défenfe , de fe glorifier de fes révélations , de fes fouffrances & de fon defin-tereffement. Enfin il leurparle avec autorité, & leur témoigne qu’il a toute la fermeté & toute la vigueur qujii a jamais eue. Il envoïa cette Lettre par Tite, qu’il pria de retourner à Corinthe accompagné de deux de fes Freres. Elle eft adreffée à l’Eglife de Dieu qui eft à Corinthe, & à tous les Saints qui font dans l’Achaïe , & écrite de Macedoine , peut- être de la Ville de Philippes, comme il eft porté dans l’Infcription Grecque, vers le milieu de l’a h 57. L’Epître auxGalates eft écrite quelque temps auparavant, & même avant la première aux Corinthiens, où il leur recommande, ch. iâ. jl. i.1 touchant les aumônes qu’on recueille pour les faints de Jerufalem, d’en ufer de la même maniéré qu’il l’a prefcrit aux Eglifes de Galatie ; ce qui femble avoir rapport à ce qu’il écrit aux Galate» dans le chap. 15. ÿ. 25. & 26. de faire du bien quand le temps s’en prefente, & principalement aux Domeftiques de là Foi. Cela défigne affcz clairement les Chrétiens de Jerufalem , & par confequent cette Lettre eft écrite dans le temps qu’ils faifôiént cette quête à la fin de l’an 0. ou en 57 Tertulliea la croit écrite long-temps auparavant, mais il n’y a pas d’apparence. Théo-1 doret au contraire & quelques Infcriptions Grec-' ques fuppofent qu’elle eft beaucoup pofterieure-G ' &